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Turquie - Europe
La Commission demande des initiatives à la Turquie
NOUVELOBS.COM
| 27.09.06 |
STRASBOURG (Reuters) - Le commissaire
européen à
l'Élargissement, Olli Rehn, a jugé important que la Turquie prenne
"de nouvelles initiatives" pour accélérer les réformes avant la
publication, le 8 novembre, du rapport de la Commission européenne
sur l'état des négociations d'adhésion.
"Ces douze derniers mois, il y a eu peu de progrès dans les
réformes. Il est important que de nouvelles initiatives soient
prises, il faut encore des progrès avant la présentation de son
rapport par la Commission le 8 novembre", a-t-il dit lors d'un débat
devant le parlement européen, à Strasbourg.
Les eurodéputés doivent adopter mercredi un rapport très critique
sur l'évolution des négociations.
Le parlement devrait souligner que le non-respect par la Turquie du
protocole d'Ankara, qui lui impose d'étendre son union douanière à
Chypre et d'ouvrir ses ports et ses aéroports aux bateaux et aux
avions chypriotes, peut "arrêter" le processus de négociation.
Il devrait également demander des progrès dans le respect des droits
de l'homme et de la liberté de religion, ainsi que la recherche
d'une "solution démocratique" aux problèmes de violence dans le
sud-est de la Turquie à majorité kurde.
Le parlement réitérera, par ailleurs, sa demande de reconnaissance
du génocide arménien mais le Parti socialiste européen a renoncé à
soutenir un amendement sorti de ses rangs qui demandaient à en faire
un préalable à l'adhésion.
"Ce rapport est considéré comme dur, mais juste", a affirmé le
démocrate-chrétien néerlandais Camiel Eurlings, auteur du rapport.
ERDOGAN - "LES REFORMES SE POURSUIVENT"
A Ankara, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a souligné que les
réformes "se poursuivaient à pleine vitesse et sans que nous ne
perdions rien de notre enthousiasme".
"Nous faisons ces réformes non parce que l'UE le veut mais parce que
la Turquie en a besoin", a-t-il ajouté devant des députés de son
parti.
"Cela ne suffit pas de changer les lois (...), il faut aussi changer
les mentalités. Nous devons être patients", a-t-il souligné.
S'il ne va pas jusqu'à demander une suspension des négociations avec
Ankara, le projet de rapport, qui a été adopté par 54 voix contre
six et huit abstentions en commission des Affaires étrangères, a été
très favorablement accueilli par les opposants à une adhésion
d'Ankara.
"Ce rapport est excellent, nous le soutenons. Il est le plus
critique de ceux qui ont été produits dans cette enceinte depuis des
décennies", a estimé le Français Jacques Toubon (UMP, Parti
populaire européen) qui prône avec son parti un "partenariat
privilégié" avec la
Turquie.
"Je demande à la Commission de ne plus jouer à cache-cache et de
produire le 8 novembre un rapport véridique et non un conte pour
enfant dont elle est coutumière", a-t-il ajouté.
Le commissaire Louis Michel, qui suppléait son collègue absent, a
tenu à le "rassurer".
"Ce ne sera un conte pour enfants", a-t-il dit.
L'ancien ministre belge des Affaires étrangères a rappelé qu'il ne
s'agirait que d'un rapport "intermédiaire" dans un processus de
longue haleine.
Il a repris certains eurodéputés en se disant "pas sûr que la
Turquie ait plus à gagner que l'Union européenne à une adhésion".
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